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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 22:36

 

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Du haut de sa tour, il veille !!!!

 

Il veille au grain pour que le calme ne soit jamais perturbé.

 

Le soleil se lève chaque matin à la même heure,

il se couche chaque soir  à la même heure.


Les heures des repas sont réglées comme du papier à musique.

Ils rythment la vie de tous les jours.

 

De la musique surtout pas !!!!

Pas de danse !!!

Les rythmes décadents pourraient altérer le calme instauré.

 

Ici pas de rire, pas de larme non plus.

Ici pas de rêve, pas d'envie.

 

Juste des mots pour dire l'essentiel,

pas de question.

Pourquoi s'en poserait-on ?

 

Les fleurs ici n'ont pas d'odeur,

elles n'enivrent pas de leurs parfums.


L'herbe est tout aussi artificielle,

elle ne s'use pas, elle ne défraîchit pas.

 

Ce monde est beau, immuable .

 

Un monde parfait pensait-il !!!!

 

Les gens qui vivent ici sont heureux,

c'est ce qu'il croit en tout cas.


Ici, pas de surprise, ni bonne, ni mauvaise.


La vie défile lentement, sans discorde, ni conflit

chacun a la même portion que le voisin,

pas de jalousie ni jalousie,

pas d'amour non plus,

vous savez bien que l'amour est la première source de perturbation.


Les gens vivent là,

les uns avec les autres sans le moindre sentiment.

 

Pas de mort non plus,

les gens un jour partent pour une autre vie dit-on.


Les frontières sont bien gardées.

Mais personne ne veut les franchir,

que pourrait il-se cacher de l'autre côté ?

 

Ce monde est sans surprise, sans curiosité !!!!

 

Un jour pourtant, un jeune enfant, James,

voulu savoir où partait son grand père.

Un enfant curieux, il n'avait jamais vu ça !

L'accès lui fut, bien sûr, refusé !!!!


Pour lui cette vie sans surprise manquait un peu d'humeur et de chaleur.

Bin non aucune variation de température, je ne vous l'avais pas dis !

Il voulait savoir où menait l'autre monde.

 

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Sous ses airs faussement tranquilles

Il monta sur un arbre pour tenter d'apercevoir de l'autre côté,

rien n'arrive à l'orée de son regard.


Il reste là observe.

Il observe les va et vient des gardes,

il espère trouver une faille qui lui permettrait le passage.

 

Aucune faille tout est parfait !!!!!

Dans ce monde si parfait.

 

L'heure du repas sonne, vite il court

son absence à la tablée, le ferait encore remarquer !!!!

 

La nuit tombe, dans le sommeil de chacun,

lui ne peut dormir, il pense, il pense à cet autre monde,

celui qu'on lui ferme.

 

Ici l'herbe est verte et sèche sans odeur, sans frisson.

Les étoiles sont ternes, leurs scintillements pourraient allumer la rêverie.


La lune éclaire et veille sur le monde tranquille.

 

Subitement dans un éclair de génie, James se lève,

chacun dort à cette heure ci, personne ne s'apercevra de son absence.

 

Il retourne dans son arbre, la sentinelle n'y est pas.

 

L'accès à l'autre côté n'est pas gardé la nuit, non chacun dort.

 

Il sent dans son coeur, une drôle de sensation,

Il sent son coeur battre comme jamais il ne l'avait ressenti.

Quelle est donc cette sensation ?

C'est la première fois qu'il en ressent une,

il est très surpris, cela non plus il ne connaît pas !!!!

 

Il reste assis un moment à savourer l'instant qui lui semble unique.

Jamais personne ne lui avait parlé de ces sensations.

Jamais personne ne les avait ressenties, ici.

 

Entre excitation et fatigue

James s'endort sur cet arbre qu'il a fait sien désormais.

Et n'entend pas la sonnerie du petit déjeuner.

 

Son absence fait grand bruit à la tablée,

c'est la première fois que le calme est ainsi troublé.

Le vieux gardien ne comprend pas ces bruits, 

il ne comprend pas ces mots qui sont ruminés.

 

Mais que se passe t'il dans son monde si parfait,

il se change en quinquaphonie !!!!

 

James est réveillé par tout ce bruit.

Il sait que cette agitation est due à son absence, 

il sent la peur l'envahir, le paralyser.

Il ne sait pas quoi faire

et décide de se cacher derrière le bosquet en carton derrière lui.

 

Il reste là , ose à peine respirer.

 

L'heure du déjeuner sonne, le calme semble s'installer de nouveau,

on n'entend plus que de simples murmures.

 

James sent un grand vide dans son estomac.

Que se passera t'il si il bouge ?

Toute l'agitation du matin  ne peut se faire oublier si vite.

Il reste là tétanisé !!!

 

Il se retourne et voit le mur, le mur du temps,

le haut mur qui mène de l'autre côté.

 

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Il est  quinze heures trente.

Son ventre est toujours vide, la peur l'empêche de ressentir la douleur,

il ne sait pas ce qui le gène le plus, la faim ou la peur.

 

Et subitement, il se rappelle.

Il se rappelle que de l'autre côté, il y a l'autre monde

et c'est pour lui qu'il est là.


Son esprit part dans une grande rêverie.

Que peut il bien y avoir de l'autre côté qui vaille un tel secret ?

 

Il n'avait jamais rêvé jusque là.

C'est son premier rêve.

Personne ne lui avait jamais parlé des rêves.

Il se sent bien, le calme s'est installé en lui.

Il va attendre tranquillement que l'heure du sommeil sonne.

Là tout le monde dort, même la sentinelle,

il va attendre sagement, sans bouger.

 

L'heure arrive, elle sonne  parfaitement et chacun s'endort

dans la profondeur de la nuit.

La lune éclaire toujours du même éclat.

La grande tour est resté allumée, inhabituel !!!

Il devra se montrer prudent.

La faim au ventre, il ne peut passer de l'autre côté,

il lui faut prendre des forces.

 

Il longe tranquillement le mur du temps,

il file jusqu'à la grande tour.

De là haut, on ne peut le voir au pied du mur.

 

Il entre silencieusement dans les cuisines.

Les restes n'ont pas été débarrassés.

Il mange de toute sa faim, il mange comme jamais il n'avait mangé.

Il sent le goût de aliments sur ses papilles,

jamais un repas ne lui avait semblé si bon !!!!

 

Il boit aussi, l'eau est à peine fraîche,

un goût de l'eau qu'il ne connaît pas,

il la sent descendre dans son estomac,

il sent son corps se désaltérer de cette eau.

 

Il se délecte de ses sensations toute nouvelles.

 

L'heure tourne, il doit faire vite avant que la cloche ne sonne le réveil matinal.

 

 

 

Il ressort prudemment de la tour, elle est toujours allumée.

Comment pourra t'il passer de l'autre côté ?

Il est quasi certain qu'un piège l'attend par le passage de l'autre côté,

d'autant que c'est là qu'éclaire la grande tour.

 

Il continue de longer ce mur, il tourne tout autour du village.

Un escalier, là se cache.

 

 

Un vieil escalier de pierre, que personne ne connaît.

Un grand escalier qui semble se fondre dans le mur.

 

Une angoisse, une inquiétude !

Et si le monde de l'autre côté était hostile ?

Si rien n'était de l'autre côté ?


Un moment, une hésitation,

mais James veut savoir.

Il ne peut rien lui arriver de toute façon, tout est si parfait !

 

Il s'élance dans ces escaliers, il monte, le gravit,

il sent son souffle se perdre, il s'essouffle.

Il s'arrête reprend son souffle, il sent l'air aller dans ses poumons,

il n'avait jamais ressenti son souffle ainsi,

il prend plaisir à sentir l'air entrer en lui.

 

Il continue, l'heure tourne encore, est il assez loin ?

Il ne sait pas !

 

Il reprend sa course, l'escalier ne semble pas avoir de fin,

il fait sombre, les rayons de lune arrivent à peine jusqu'à lui.

 

Une lumière émane de l'autre bout, une lumière claire,une lumière forte,

ses yeux se plissent, il n'a jamais rencontré une telle lumière.

 

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Il met sa main en visière est l'observe un moment,

il se retourne, les rayons de lune ont totalement disparu.

 

Il avance prudemment, encore une inquiétude,

il ne peut plus reculer de toute façon.

 

La lumière se rapproche, peu à peu, il s'y habitue.

Il veut la voir, il veut la toucher, il sens ses sens se mettre en éveil,

un doux parfum fait frissonner ses narines,

il ressent un chatouillement à l'intérieur

ça le fait sourire, il éternue.

Quelle drôle de sensation !!!

C'est agréable d'éternuer.

 

La porte de l'autre monde est là, il la franchit.

 

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Il est accueilli par un arbre en fleur.

Il est si beau, les pétales lui semblent si légères, si fragiles.

Il voudrait les cueillir, les sentir, il n'ose pas.

Il se sent envahi de tant de senteurs, de tant de clarté,

il se sent être le monde.


 

L'herbe plie sous ces pieds, il est instable, il marche prudemment,

puis s'habitue, il court dans l'herbe,

il sent le vent voler dans ses cheveux.

Il perd haleine heureux.


 

 

Il s'arrête,  regarde tout autour de lui, il contemple ces paysages nouveaux,

puis il aperçoit une sorte de petit village

des bruits en émanent.

Des bruits qu'il ne connaît pas,

on y chante, on y rit.

Il sent son coeur battre au rythme de ce son, il veut voir, il veut savoir.

 


 

Les gens dansent, mangent, ils font la fête.

Les beaux vêtements ont été revêtus pour l'occasion.

 

James se fond dans la foule, 

les rires sortent de sa bouche, il n'avait jamais ri,

il recommence de plus belle.

 

 

 

La suite de l'histoire, je ne la connais pas.

James s'est fait adopter par cette petite communauté.

Il y vit des jours agréables pleins de jeux, de folies,

des éclats de voix aussi parfois qui se font oublier par l'amour.

 

Oui James un peu comme un enfant perdu a trouvé l'amour de son prochain

dans ce petit village sans nom.

Dans ce petit village loin du parfait calme.

 

----------------------

 

Oh, je vous vois venir !!!!!

Vous allez me dire :

"Mais voyons harmonie, l'herbe n'est pas plus verte dans le champ d'à côté"

 

Non, vous avez sûrement raison, je sais,

il faut savoir apprécier ce que chaque jour nous apporte

mais pour le pouvoir faut-il encore

avoir la capacité de ressentir ses sensations, ses émotions.

 

"Toutes les sensations de ce monde sont faites pour être vécues.

Quelles soient bonnes ou mauvaises, elles sont là pour ne jamais oublier

le bonheur d'être tout simplement"

 

La leçon vaut bien un fromage sans doute !!!!

James se fera un plaisir de le déguster.


 

 


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Published by harmonie - dans Réflexion
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commentaires

Tony Yves 07/11/2011 22:43



Bonsoir harmonie


J'avais commencé à lire ton texte ce matin avant de partir travailler mais devant sa longueur j'ai du attendre ce soir pour le finir


Comment savoir si l'herbe n'est pas plus verte dans le champs d'à côté si on ne va pas le vérifier et c'est comme ça qu'on avance dans la vie



M'moizelle Jeanne 07/11/2011 21:00



Un joli conte philosophique !


" L'herbe est toujours plus verte de l'autre coté de la barrière !"


"Nous souffrons beaucoup du peu qui nous manque, et n'apprécions pas le beaucoup que nous avons" Belle  soirée à toi Harmonie !


Je t'embrasse



Kri 07/11/2011 15:36



Wouahhh ce billet est trop bien!!



kasimir, dit pinson déplumé 07/11/2011 13:44



une intéressante méditation sur le bonheur d'être


bien, très bien !



mimiche 07/11/2011 11:25



Très bonne journée tout en poésie Harmonie .


Mimiche.



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